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Brigitte Leclerc est coordinatrice de l’ASH dans le diocèse de Blois. Elle est enseignante spécialisée, titulaire du CAPSAIS E et intervient dans plusieurs écoles du Loir et Cher. Elle répond à nos questions suite à la parution de la circulaire n° 2009-088 publiée au bulletin officiel du 27 août 2009. Ce texte concerne les fonctions des personnels spécialisés des réseaux d’aides spécialisées pour les élèves en difficulté (RASED).
Est-ce que ce texte est une surprise ?
Oui si l’on prend en compte les inquiétudes qu’ont eues, l’an dernier, des enseignants spécialisés sur la pérennité de leur métier. Au travers des diverses publications du SPELC, j’ai constaté comme il avait suivi très attentivement ce dossier. Il fallait aussi rassurer les enseignants en formation CAPA-SH. Le SPELC avait donc fait une démarche auprès du Secrétaire général de l’Enseignement catholique pour qu’il rappelle la politique qu’il entendait mener vis-à-vis des élèves en difficulté et des maîtres spécialisés en fonction dans l'enseignement privé. Le Secrétaire général, dès l’année scolaire dernière, avait rappelé à plusieurs reprises son attachement aux missions des enseignants spécialisés. (même si, dans l’Enseignement catholique, nous ne pouvons nommer RASED les dispositifs d’aide aux élèves en difficultés) Il est important de faire la distinction entre l’enseignement public et l'enseignement privé. Ce dernier peut définir sa politique indépendamment des décisions prises au sein de l'enseignement public. Tant que des maîtres spécialisés existeront dans l'enseignement public, leur existence ne sera pas remise en cause dans l’Enseignement catholique.
Y a t-il de grandes différences avec la circulaire n°2002-113 du 30 avril 2002 sur les dispositifs de l’adaptation et de l’intégration scolaires dans son paragraphe II ?
Ce qui surprend à la première lecture, c’est d’abord la brièveté du texte par rapport à celui de 2002. Bien sûr, on note des différences en particulier la prise en compte des derniers textes ou réformes. Aide personnalisée, programmes personnalisés de réussite éducative (PPRE), stages de remise à niveau, socle commun apparaissent dans ce texte.
Quels sont les élèves qui peuvent bénéficier des aides spécialisées ?
Les caractéristiques des élèves aidés par les enseignants spécialisés se confirment : lorsque j’ai fait ma formation CAPSAIS en 1995, les maîtres E devaient aider les élèves en « difficulté passagère ». Aujourd’hui, ce texte confirme, comme l’amorçait déjà celui de 2002, que la mission des enseignants spécialisés est d’aider les élèves manifestant « des écarts importants par rapport aux attentes des enseignants » ou présentant « des difficultés marquées … » ou « des besoins particuliers en relation avec une déficience sensorielle ou motrice…ou des atteintes perturbant leur fonctionnement cognitif et psychologique ou leur comportement » On voit que la mission des maîtres E ou G peut aller jusqu’au champ du handicap. Il s’agit pour les enseignants spécialisés de « remédier à des difficultés résistant aux aides apportées par les maîtres »
Justement, comment vont s’articuler les aides apportées par le maître de la classe et les aides spécialisées ?
C’est un point important du texte ; on y rappelle que l’aide est d’abord celle apportée par le maître de la classe : différenciation pédagogique et aide personnalisée. Mais un élève peut relever « successivement voire concomitamment de l’aide personnalisée et de l’aide spécialisée » .Il convient alors de garantir « la complémentarité de ces modes d’action », les aides devant désormais être « coordonnées et évaluées dans le cadre du PPRE ou du projet d’aide spécialisée »
On a beaucoup parlé ces dernières années de la notion de « personne-ressource », est elle confirmée par ce texte ?
Ce terme est employé dans l’organisation du réseau. Il est clairement dit que « les enseignants spécialisés apportent leur expertise au sein de l’équipe enseignante » qu’ils ont « des compétences spécifiques permettant de mieux analyser ces situations particulières et de construire des réponses adaptées. » Néanmoins, nombre de mes collègues, je pense en particulier à ceux, comme moi, titulaires d’un CAPSAIS voire à nos collègues titulaires d’un CAEI ne se sentent pas formés pour cette mission. La formation continue doit s’emparer de cette question.
Les modalités des aides ont-elles évolué ?
Oui, pour la première fois on précise que les aides spécialisées peuvent se dérouler « directement dans la classe » ou encore « l’aide individuelle » est désormais autorisée. Le regroupement d’élèves hors de la classe reste bien sûr possible mais on précise alors que « la fréquence et la durée des regroupements [doit être] suffisante pour être efficace. » Cela devrait nous amener à réfléchir à la mission que l’on confie parfois à certains de mes collègues qui, en charge d’un trop grand nombre d’écoles et donc d’élèves, ne peuvent pas à mon avis assurer cette « efficacité ». La mission de « personne-ressource »est importante mais n’oublions pas, comme le confirme ce texte, notre action « directe » auprès des élèves en difficulté.
Le texte maintient les spécialisations E et G, est ce suffisant pour que les aides à dominante rééducative (G) trouvent toute leur place dans les réseaux ?
Je sais que, le 10 juin 2009, le collectif des rééducateurs de l’Enseignement catholique a écrit au secrétaire de l’Enseignement catholique pour lui rappeler l’importance de ces aides tout comme vient de le faire à nouveau la fédération nationale des associations de rééducateurs de l’Education nationale (FNAREN). Il est clair que l’Enseignement catholique n’a pas fait le choix de développer cette fonction. C’est regrettable. On ne peut pas demander aux maîtres E d’avoir ces compétences particulières pour lesquelles ils n’ont pas été formés, même si le texte précise que les aides à dominante pédagogique et à dominante rééducative « ne sont pas cloisonnées » Le peu de précisions sur la mission des maîtres G apportées par ce texte maintient un « flou » qui ne facilite pas leur tâche.
Observe-t-on des changements en ce qui concerne les obligations de service des enseignants spécialisés qui travaillent dans ces réseaux?
Dans les faits, non : les enseignants spécialisés bénéficiaient déjà de 3 heures hebdomadaires destinées à des activités de coordination et de synthèse. Le texte resitue ces 3 heures dans le cadre du décret de 2008 qui a institué les « 108 heures »
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