Formation initiale et recrutement des enseignants
A la mi septembre, une « charte relative aux principes directeurs de la réforme du recrutement et de la formation des enseignants » a été signée entre le Ministère et la Conférence des présidents d’université.
Elle reprend les grandes lignes fixées en juillet dernier par le Conseil des ministres avec les précisions suivantes :
La mastérisation :
- les futurs enseignants devront justifier de l'obtention d'un diplôme de master pour pouvoir être recrutés à titre définitif à l'issue des nouveaux concours de recrutement.
- Compte tenu de l'autonomie et de la responsabilité des universités, celles-ci, qu'elles soient dotées d'un IUFM ou non, doivent être libres de proposer des parcours adaptés, dans le cadre de leur contrat d'établissement, en fonction des compétences attendues d'un professeur figurant notamment dans un cahier des charges national et dans celui des nouveaux concours.
- Les masters ne seront pas réductibles à la seule préparation aux concours de l'Éducation nationale. Ils permettront l'accès à d'autres débouchés professionnels correspondant à la palette des compétences acquises.
Le lien avec la licence :
- La formation des maîtres s'intègre dans un continuum de formation. La première année de licence devra garantir aux étudiants la maîtrise des savoirs fondamentaux et des compétences indispensables à la réussite de leur parcours universitaire : garantir les acquis fondamentaux (culture générale, connaissances du monde socio-économique, bases juridiques,...) et renforcer les compétences (TIC, langues étrangères, méthode, autonomie...).
Durant la deuxième année, année de consolidation, l'étudiant pourra découvrir le monde professionnel, en l'occurrence celui du système éducatif, sous forme de séminaires, de forums, de tutorat étudiant.
Enfin, la troisième année, année de spécialisation, finalise le projet d'études sur la base de l'affermissement des connaissances disciplinaires et des compétences acquises. Tous les étudiants diplômés de licence disposeront au moins d'un stage validé dans le cursus, de préférence dans l'enseignement, pour les étudiants dont les métiers de l'enseignement et de la formation constituent leur projet professionnel.
Les concours
- Le caractère national des concours des premier et second degrés est réaffirmé.
- Ceux-ci comprendront trois types d'épreuves destinées à évaluer les connaissances disciplinaires, la capacité à planifier et organiser un enseignement adapté aux niveaux de classe, et enfin la connaissance du système éducatif. Pour le second degré la distinction entre le CAPES et l'agrégation est maintenue. En ce sens, la plus grande part de la certification du niveau scientifique des candidats sera confiée aux universités dans le cadre des masters tandis que les concours seront essentiellement un instrument de sélection et un processus de classement.
L'articulation parcours/concours
- Tout étudiant inscrit en deuxième année de master ou ayant déjà validé celui-ci pourra se présenter aux nouveaux concours de recrutement. L'organisation des futurs masters sera modulaire, comportant des troncs communs avec d'autres parcours et des unités d'enseignement spécifiques. Cette organisation modulaire permettra une pluralité de parcours qui prendra en compte la spécificité des différents métiers de l'enseignement. Ces masters devront également permettre aux étudiants, à côté de la préparation aux concours, de poursuivre leurs études universitaires ou d'engager leur insertion professionnelle dans d'autres directions.
La structure et le contenu des masters
- Les masters devront articuler quatre volets complémentaires, sans que leur poids soit nécessairement équivalent :
a. disciplinaire (ou multidisciplinaire) qui renvoie aux savoirs scientifiques actuels ;
b. épistémologique en lien avec l'histoire des disciplines d'enseignement;
c. didactique qui prend en charge la réflexion de fond sur la transmission des savoirs disciplinaires en lien avec les programmes scolaires ;
d. professionnel qui aborde les différentes facettes du métier d'enseignant et le rôle d'agent du service public d'éducation.
- La place prise par chacun de ces blocs est à l'évidence variable mais jamais une formation ne devra pouvoir ignorer un de ces aspects, ce qui sera à vérifier au moment des demandes d'habilitation.
Des dispositions particulières seront prises pour les disciplines professionnelles de la voie professionnelle.
- La formation universitaire des maîtres pourra associer, comme dans tout master, des enseignements de nature disciplinaire, des ateliers de projet et d'échanges d'expérience, et des périodes de stage. Par ailleurs l'ouverture de l'École sur le monde socio-économique implique que la formation des futurs professeurs les y prépare.
Les bourses
Les bourses au mérite proposées aux étudiants de Ml et de M2 soutiendront l'effort de poursuite d'études consenti par les candidats aux concours.
La formation continue des enseignants et la VAE
- La formation continue des enseignants devra être profondément renouvelée et associer pleinement les universités et les rectorats. Enseigner est un métier intellectuel et de relations humaines qui ouvre la voie à de nombreuses perspectives d'évolution. La VAE devra être développée pour faciliter les changements de fonction des enseignants.
Méthode de travail
Le calendrier doit permettre une mise en place des concours pour la session 2010. Aussi la réflexion est organisée autour des thèmes suivants :
- Maquette des concours ;
- Formation initiale : configuration des masters, mobilisation des compétences existantes dans le nouveau dispositif de formation ;
- Prise de fonction, affectation, accompagnement et formation continue ;
- Dans ce cadre seront notamment examinés le devenir des enseignants actuellement en service partagé et les conditions d'intervention des enseignants du premier et du second degré au sein des universités.
Le SPELC a demandé à être reçu au Cabinet du Ministre de l’Education pour traiter de la situation particulière des futurs enseignants de l’enseignement privé sous contrat. Il sera aussi attentif à la situation des candidats actuels recrutés à bac+3, et qui le seront ensuite à bac+5. Il faudra évidemment des mesures provisoires.
Par ailleurs, le SPELC participe au sein du SGEC à un groupe de travail qui revoit, dans le cadre du recrutement des enseignants, les procédures de délivrance d’un préaccord ou d’un accord collégial par les CAAC.
La dernière réunion du 11 septembre a travaillé sur un projet-cible qui doit être modifié. La prochaine réunion aura lieu le 28 novembre.
Publié le :03.10.08